Un printemps 2013 en suspension à Paris

 

 

A mi chemin entre sourires et grimaces, le printemps est, cette année, passé inaperçu à Paris.

Le déploiement tant attendu de la  verdure régénérante a tardé, et la danse des nymphes colorées a été  plusieurs fois interrompue dans son élan.

arbres en fleurs avenue Georges Mendel angle rue de la pompe

A la croisée de chemins qui marquent le raccordement de l ‘avenue Henri Martin à l ’avenue Georges Mandel), on guette  avec circonspection les  facéties d ’un printemps  capricieux.

Un soleil éclatant vient de chasser la dernière averse. La bouche du métro « Rue de la Pompe » offre à sa fourmilière d ’usagers  encore groggy par leur journée de travail une échappée de couleurs nouvelles. Le torrent du ciel  n ’a eu que le temps de  se précipiter au sol, immédiatement relayé par une réapparition du soleil.

La pluie de printemps a assourdi les bruits de la ville qui depuis quelques semaines déjà, s ’est tapie sous un ciel  plombé, balayée par de furieuses rafales de vent, noyées sous des précipitations verticales qui battaient le pavé

Les ondées ont débarrassé la nature des pollutions citadines et révèlent, à l ’instant même la subtilité et la variété confondue de ses parfums

Emergeant d ’un enchevêtrement de rameaux, d ’étranges masques grotesques sont censés depuis l ’antiquité, éloigner des demeures, les esprits malins.

« Gens qui rient »

ou

« Gens qui pleurent »…

Les collégiens du « petit lycée Janson » sont en vacances.

Le monument dédié à Eugène Manuel en hommage à son court passage à Janson, entouré d ’une couronne de fleurs, est signé Gustave Michel, (le sculpteur a façonné les deux groupes qui ornent le pont de Bir Hakeim (« Les Nautes » et les « Forgerons Riveteurs »)).

Eugène Manuel  homme politique, poète oublié, professeur…

Très jeune, Eugène Manuel suit son père médecin des hôpitaux parisiens au chevet des pauvres. Il constate

« …Les bouges sans soleil pour le corps ni pour l’âme,

Et les réduits infects pleins de navrants secretsqui font rester le pauvre au fond des cabarets »

(Les Ouvriers – extrait de l’acte VI)

et choisit sa voie :

Ici-bas, j’ai choisi ma part de dévouement,
J’ai vu le monde entier resplendir dans l’école… »
(Alma mater – extrait )

 

Paradoxalement, le Lycée Janson de Sailly se réclame du promoteur des pauvres, et  lui  tresse ces couronnes

On cherche à découvrir l ’insolite, masqué par des rideaux végétaux, protégé par des grilles

« Une maison bleue » ….

une débauche de couleurs

et à deux pas, au numéro 36, la dernière demeure de Maria Callas