Anvers-sous-Montmartre

 

 

28/11/2009
Sans même le réaliser, nous venons d ’arriver Place Pigalle. Nos regards flottent au gré de l ’effervescence de la vie, sous toutes ses facettes. Une succession de bruits et d ’éloquents silences ponctuent  autant  d ’éléments disparates unis les uns aux autres par le hasard de la proximité


Le coeur de Pigalle !

 Et là, surprise, rien de bien particulier. Une abondante fontaine trône au centre de la place et signale un vaste sens giratoire parcouru par les bus, autos et vélos à moteur.
Tout autour, quelques restaurants plus ou moins exotiques, des boites de nuit qui ne dorment que d ’un oeil. Les grands shows érotiques font relâche.
Parfois le spectacle d ’une descente de police, ou la course poursuite d ’une voiture volée apporte un semblant d ’animation qui nous tient quelques minutes en haleine, comme au cinéma.

C ’est ici que prend le départ le Montmartobus électrique : il  assure une desserte bien commode de la Place Pigalle à la Mairie du XVIII et retour.

Mes amis américains l ’ ont préféré au « Petit Train  Touristique de  Montmartre » (dont les tarifs sont étudiés pour les touristes) :  en échange d ’un simple ticket de métro, Le « Montmartrobus » nous emmène par le chemin des écoliers dans les ruelles bien connues de la butte qui grimpent à 45 degrés et dont les tracés, parfois fantaisistes et souvent surprenants, nous permettent de découvrir, parfois au prix d ’émotions fortes,  le coeur du village.

 Mes amis ont déclaré qu ’ils ignoraient complètement qu ’il existait un « roller coaster » à Montmartre…


Le boulevard  de Clichy va devenir Boulevard Barbès. Le Sacré Coeur parait plus proche qu ’il ne l ’est  encore…

La rue des Martyrs s ’annonce. Elle marque le début du village de Montmartre proprement dit et raconte son histoire. Nous y reviendrons…

Sur l ’allée centrale du boulevard de Clichy, récemment transformée en promenade ombragée sous le patronyme de George Ulmer, des artistes de la rue exposent leurs ouvres pour une durée limitée.


La production est éloquente, les badauds s ’interrogent  et marquent un arrêt.

Nul ne semble être parvenu à museler la porte d ’un ancien bistrot toujours clameuse de nouvelles

Un charmant passage calme et  verdoyant, mais il est privé. Un panneau émaillé posté sur la grille d ’entrée hermétiquement fermée informe discrètement le visiteur qu ’il convient d ’entrer par le boulevard Barbès.

Rien ne nous étonne plus. Une  maison à colombages qui ne compte qu ’un étage et une sous pente, nous attire par l ’hétéroclysme de son apparence. Nous espérons une bénédiction au passage.

Le Lycée Jacques Decour ouvre de jeunes esprits aux  secrets des sciences et du commerce. L ’établissement scolaire a été rebaptisé à la Libération en hommage à Daniel Decourtemanche écrivain et résistant mort sous les balles nazis parmi ceux du Fort du Mont Valérien

L ’Elysées Montmartre, construit en 1809,  est une salle de bal, la première à lancer le phénomène des « revues », avant les Folies Bergère, le Bataclan et…le Moulin Rouge L ’établissement se compose à l ’époque de trois bâtiments et d ’un jardin. Les couches populaires s ’y retrouvent et découvrent une nouvelle danse « la quadrille naturaliste » qui devient French Cancan.
La salle attire les danseurs célèbres de la Belle Epoque, tels La Goulue et Valentin le Désossé, et inspire Toulouse Lautrec. Elle accueille la centième représentation de « L ’Assommoir  » d ’Emile Zola

En 1894, le jardin est réquisitionné pour permettre la construction du nouveau café concert « Le Trianon ». L ’architecte Edouard Niermans réutilise la charpente métallique récupérée du Pavillon Français, bâti pour l ’Exposition Universelle de 1889 La salle de bal est divisée en deux : d ’un côté, la chanson, les revues, les chansonniers, de l ’autre, la danse et le patinage.

La salle, très « modern style » parée de mezzanine de bois et ornementée d ’angelots rococos accueille la centième de . Elle est classée « monument historique » depuis 1988

L ’Elysées Montmartre abrite le club révolutionnaire de la Commune,  bien avant d ’offrir refuge en mai 1968 à Jean-Louis Barreau qui montait sur une musique de Michel Polnareff  son spectacle « Rabelais »

Des matches de catch (commentés par Roger Couderc) s ’y disputent dans les années 1950, tandis que  des soirées streep tease sont présentées.

Depuis les années 1990,  des groupes de musique, reggae et de rock, s ’y succèdent.

Et tous les quinze jours, le Grand Orchestre de l ’Elysée Montmartre organise un bal populaire, rendant ainsi à l ’établissement sa vocation originelle.

 Verrière centrale, arcs en plein cintre, hautes fenêtres arrondies, balustrades élégantes, style néo romain
  « Le Trianon » qui battit son plein à la Belle Epoque présente aujourd ’hui un visage…de lendemains de fête


Construit en 1895, à l’emplacement du jardin de l ’Elysée Montmartre, le  Trianon Concert a vu les débuts de Mistinguett

Ravagé en 1900 par le même incendie qui détruisit son voisin, l ’Elysée Montmartre  changea successivement de noms.

Dans les années 1930, le Trianon se transforme en une salle de cinéma populaire avant de fermer ses portes en 1992.

La salle se prête aujourd ’hui à des spectacles polyvalents : courts métrages, musique classique, chansons


Nous nous trouvons brutalement happés par un tourbillon de couleurs : les citoyens du monde débarquent à flots continus de la station de métro Anvers. Le Marché Saint Pierre est très proche. La rue de Steinkerque nous y mène tout droit. Flanquée de chaque côté d ’une succession de  magasins de souvenirs, elle n ’ offre qu ’un espace restreint où se massent  une population multiculturelle, bigarrée et fébrile. On est ébloui, on se sent un peu ivres

Nous sommes bel et bien au pied du sacré coeur, annoncé par un  manège, celui d ’Amélie Poulain.

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