Complainte d ’un chien privé de l ’enterrement de son maître

Le représentant de la gente canine,  un  labrador qui répondait au nom de Baltique aurait été le dernier compagnon du Président François Mitterrand.

Les auteurs Alain Lanty et Renaud se font les interprètes de ses réflexions

« Ils ont peut-être eu peur que je pisse

Sur le marbre du bénitier

Ou pire, que je m ’accroupisse

Devant l ’autel immaculé.

 

Peur que je ne lève la patte

Quelque part dans les allées

Où siège cette foule ingrate

Qui nous parle d ’humanité.

 

Ils ont considéré peut-être

Qu ’est un amour pas très catholique,

Que celui d ’un chien pour son maître,

Alors, ils m ’ont privé de cantiques.

 

Un jour pourtant je le sais bien

Dieu reconnaîtra les chiens.

Me voilà devant la chapelle

Sous cette pluie qui m ’indiffère

Tenu en laisse par un fidèle

Allergique aux lieux de prières.

 

Les gens parlent à côté de moi :

Tu as de la chance, toi au moins

La souffrance ne t ’atteint pas

L ’émotion c ’est pour les humains

 

Et dire que ça se veut chrétien

Et ca ne comprend même pas

Que l ’amour dans l ’ coeur d ’un chien

C ’est le plus grand amour qui soit

Un jour pourtant je le sais bien

Dieu reconnaîtra les chiens.

Je pourrais vivre dans la rue

Etre bourré de coups de pieds

Manger beaucoup moins que mon dû

Dormir sur le pavé mouillé.

 

En échange d ’une caresse,

De temps en temps d ’un bout de pain

Je donne toute ma tendresse

Pour l ’éternité ou plus loin.

 

Prévenez moi quand quelqu ’un

Aimera un homme comme moi

Comme j ’ai aimé cet humain

Que j ’ai aimé autant que toi.

 

Un jour pourtant je le sais bien

Dieu reconnaîtra les chiens

 

Un jour pourtant je le sais bien

Dieu reconnaîtra les chiens.

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