De Clichy au Moulin Rouge

 

06/11/2009
Le Boulevard de Clichy décrit un coude à l ’endroit précis où un magasin Castorama est venu prendre la place du « Gaumont Palace ». Il laisse de côté la rue Caulaincourt et son pont métallique sous lequel est enfoui le cimetière de Montmartre pour courir à Pigalle


Une large vallée fantastique nous enveloppe de mille couleurs imposantes ou diffuses, éclatantes ou discrètes;  des néons amorcent déjà ici l ’enfilade des  lumineuses


Au début du XX siècle,  les cabarets montmartrois  se concentraient exclusivement entre  la Place Pigalle et la Place Blanche. Le « Moulin Rouge »  situé Boulevard de Clichy constituait le Premier Bastion des réjouissances..

En 1910, ce cabaret tenta de déroger à « la règle » et s ’implanta au n° 100 du Boulevard de Clichy. Toutefois, les débuts se révélèrent difficiles. Directions et  enseignes se succédèrent : « La Truie qui file », »L ’Araignée », »le Porc Epique »…
Au cours de la première guerre mondiale,Tristan Rémy, poète dadaïste, nouvellement directeur de l ’établissement auquel il donna le nom d' »Epantant », imagina servir des pommes de terre chaudes pendant le spectacle…ses efforts restèrent vains Tous les chansonniers les plus célèbres de l ’époque s ’y succédèrent. Malheureusement, rien ni personne ne semblait doté d ’un quelconque pouvoir d ’attraction sur la clientèle.

En 1922, l ’établissement fut reprit par deux directeurs qui se mirent en devoir de trouver une enseigne « accrocheuse » pour leur établissement :

– » Pour ne rien trouver, dit André Dalh, faut-il que nous soyons ânes ! »
-« Mais, s ’écria Ferréol, la voilà notre enseigne ! Nous sommes deux et nous sommes des ânes : Les 2 Anes ! »

« Bien braire est laisser rire » reste la devise des « Deux ânes » que reprirent en 1928 Henri Alibert et Roger Férréol. Ils parvinrent finalement à affirmer le succès et la réputation que nous lui connaissons encore  aujourd ’hui et que Jacques Mailhot, le grand maître des lieux actuels s ’efforce de perpétrer.

Le Boulevard de Clichy  obscur sur ce tronçon se risque à quelques convoitises…


Occupant le rez-de-chaussée d ’un immeuble, au n° 65 du boulevard, une chapelle (située à mi-chemin de l ’Eglise de la Sainte Trinité, place d ’Estienne d ’Orve dans le 9è arrondissement et le Sacré Coeur de Montmartre)  est dédiée à Sainte Rita …
Médiatrice en son temps  de clans ennemis, cette soeur Augustine aurait dit-on, on le pouvoir d ’accomplir des miracles sur  les causes désespérés.
 A la lisère de Clichy et de Montmartre, sa présence est-elle fortuite ?

A tout pêché, miséricorde …

Le succès du  Moulin Rouge construit en 1899 fut d ’abord largement amorcé par Joseph Pujol, un boulanger marseillais (1857-1945) qui doté du don particulier de maîtriser ses muscles abdominaux pour lâcher des pets à volonté, exploitait ses talents en public. Il parvenait même  de cette façon à l ’aide d ’un flutiau à jouer « Au clair de la Lune » …

Joseph Oller et Charles Zidler décident bientôt d ’en faire « Le premier Palais des Femmes ». C ’est alors qu ’on y donne des représentations de « Chahut cancan » : des danseuses se livraient à des danses endiablées réprouvées par la morale : sous leurs jupons, elles portaient… des culottes fendues. On rectifia la position, les culottes furent fermées et le « French Cancan » plus convenable fut institué. La Goulue et Jane Avril représentées par Toulouse-Lautrec, restèrent les figures de proue de ces période de « débauche »


Le Bal costumé des Quat ’ z ’Arts organisé annuellement par les étudiants des Beaux-Arts  réunissait tous les ans écrivains, peintres, sculpteurs, et graveurs. Les étudiants de la faculté de médecine, très liés aux Beaux-Arts étaient de la partie. En effet, les étudiants des Beaux-Arts étudiaient les proportions du corps humains sur des cadavres, en compagnie de leurs condisciples carabins.

En 1993, le spectacle fit scandale. Une certaine Mona modèle artistique tenta un premier spectacle de « strip tease »… Un certain Béranger, président de la Ligue de la Défense de la Morale, nouvellement constitué pour lutter contre les excès des arts de la rue se porta partie civile contre les organisateurs du Bal. Les juges amusés par l ’affaire se contentèrent de leur infliger une amende symbolique.

Le Bal disparut à la faveur des événement de mai 1968…


Jane Avril, Mistinguett, La Goulue, Colette… Froufrous, paillettes, effervescence nocturne d ’un place Blanche qui rougeoie au rythme effréné des lueurs clignotantes.

La discothèque « La Loco », flanquée à ses côtés affiche aujourd ’hui la colère de ses employés.  Temple du rock dans les années soixante (Les Beatles et les Kings s ’y produisirent), « La Locomotive » lieu culte de la jeunesse de l ’époque s ’était installée dans les locaux de la Société du  Bal du Moulin Rouge qui gère le cabaret plus que centenaire

1889…2009 : Le Moulin Rouge qui a vécu deux guerres mondiales, et traversé des périodes de folle insouciance, célèbre dignement cette année son cent-vingtième anniversaire

Place Blanche, point névralgique des 9è et 18è arrondissements illuminés, où se termine Clichy et où  commence immédiatement, par la rue Lepic, l ’ascension de la butte Montmartre…

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