Des rencontres très spéciales rue Norvins

 

 

 

24/02/2010

Hier soir, c ’était la fantaisie d ’une balustrade  de balcon 

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l ’illumination de fenêtres, l ’invitation d ’une porte.

Puis, le jour est revenu…

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A l ’intersection de plusieurs chemins (avenue Jounot, rue d ’Orchamp, rue Norvins),  des ateliers d ’artiste se regroupent d ’un côté : c ’est la Cité Internationale des Arts. Arrive ensuite un décrochement  qui forme un belvédère, et  nous précipite sur un vaste panorama devant lequel se découpe la silhouette d ’une plaque de rue  : l ’occasion nous est offerte
de voir resurgir en un clin d ’oeil, des souvenirs littéraires privilégiés.

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En cette fin d ’après midi, un silence surnaturel  laisse filtrer des chuchotements que j ’attribue au vent, et nos pas effleurant les pavées flottent dans une apesanteur irréelle…une atmosphère que Marcel Aymé, qui a longtemps élu domicile dans la rue,
a sans doute bien connue

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A peine avons nous atteint  la côte ardue de la rue Norvins que nous voici happés contre un mur.

 » Il y avait à Montmartre un excellent homme nommé Dutilleul qui possedait le don singulier de passer à travers les murs sans en être incommodé »
(Le Passe Muraille » – Marcel Aymé – 1943)

Dutilleul, un fonctionnaire médiocre vit une existence sans éclat, rythmée par  la médiocrité bien réglée d ’un monde moderne.
Un jour, par hasard, il se découvre un talent extraordinaire. Il en joue,  et réserve à son entourage des tours pendables.
L’amour perd cependant notre héros qui reste piégé à l’intérieur d’une muraille au sortir d’une nuit passionnée….

Il a plu à Jean Marais, habitant du quartier de le surprendre en plein « délit » (1989)

 « Certains nuits d’hiver,dans la solitude sonore de la rue Norvins » seul les accords de guitare joué par le peintre Gen Paul, « pénètrent au cœur de la pierre comme des gouttes de lune »…..

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Nous retrouvons avec une émotion  presque aussi intense, le visage hexagonal du premier château d ’eau de Montmartre

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Et en face, au numéro 113 de l ’ancienne rue Trainée (devenue 22 rue Norvins) apparaît, précédée d ’un jardin, une propriété  néo-classique du XVIII siècle . Connue sous le nom de « Folie Cendrin » ou (Folie Sandrin) à cause de son premier propriétaire, cette maison d ’agrément rachetée par un marchand de vin, devient ensuite la première maison psychiatrique du Docteur Esprit Blanche.

Nerval qui jouissait d ’une chambre avec vue sur la rue, y raconte ses « séjours occasionnels ».

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Partis de rien ou presque, au hasard d ’une modeste intersection sur la rue Lepic occultée par l ’ombre des ailes du « Radet », nous voici engagés dans une voie toute pavée qui nous accompagne sur une distance dont nous n ’avions pas suspecté l ’impact.

 

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La rue Norvins nous a élevés comme par enchantement  vers des sommets, le « saint du saint » niché à cent trente mètres, Une surprise que  ses abords premiers,  extraordinairement calmes, ne nous  avaient pas laissés présager.

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La petite impasse qui ne mène nul part recèle de joyeux gremlins dans ses replis discrets
Comme par enchantement, nous venons d ’atteindre les confins de la Place du Tertre.

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