Deux  » Moulins de la Galette » ?

 

 

06/02/2010


Montmartre était autrefois un petit village comptant des petits chemins à-travers champs, qui vivait principalement des extractions de carrières de gypse et d ’agriculture. Le village, peuplé d ’ouvriers carriers, de vignerons,  et d ’ agriculteurs était hérissée de moulins qui disparurent les uns après les autres, après la Révolution.
De tous les moulins qui s ’ébattaient à Montmartre, seuls trois subsitent de nos jours.

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 Le « Blute-Fin, construit en 1622 était le plus haut ; il disposait d ’une terrasse qui offrait une vue imprenable sur Paris. Il est aujourd ’hui propriété privée : très surveillé, on ne peut facilement le voir de la rue. Retapé à plusieurs reprises, se ailes ne tournent plus depuis bien longtemps mais des parties importantes de son mécanismes et ses meules existent toujours. Il devint Music Hall avant d ’abriter des émissions publiques de radio et de télévision, puis de servir de studio pour l ’ORTF jusqu ’à la disparition de celle-ci.

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Les meuniers Debray étaient propriétaires du « Blute-Fin », mais également du
« Radet « distant de quelques mètres dans la même ferme. « Le Radet » concassait les oignons et les épices destinés à la parfumerie.

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Dans les années 1830, la concurrence devint rude, les travaux de modernisation étaient pesants.  le « Radet » (construit en 1717 et entièrement reconstruit en 1760) n ’était pas équipé d ’ ailes Berton (munies de planchettes articulées, ces ailes permettant d ’éviter l ’entoilage et le désentoilage, s ’adaptaient automatiquement à la vitesse du vent). La famille Debray songea alors à 
transformer leurs deux moulins en guinguettes pendant les week-end et de distribuer de petites galettes de seigle, accompagnées d ’un verre de lait aux visiteurs.

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C ’est ainsi que survient « le miracle montmartrois » : Le lait se transforma en vin et les moulins en cabaret.

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« Le Radet » alors connu sous le nom de « Moulin de la Galette » vécut son heure de gloire ommortalisée par  les artistes qui fréquentaient Montmartre (Renoir, Toulouse-Lautrec, Picasso et bien d ’autres encore…).

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Mais il faisait double emploi avec le « Blute-Fin ». L ’enseigne passa bientôt à son voisin et Le Radet fut menacé de destruction. Allait-il disparaître à son tour comme tant d ’autres ?

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En 1915, les « Amis du Vieux Montmartre » s ’élevèrent contre sa destruction. En 1924 son propriétaire accepta de le déplacer à l ’angle de la rue Lepic et de la rue Girardon où il se trouve  aujourd ’hui. Restauré en 1978, ses ailes ont été entièrement rénovées en 2001, mais elles ne tournent pas.

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« Le Radet » a repris l ’enseigne qui lui avait assuré sa notoriété. Il est maintenant un restaurant où on entend encore bien des échos festifs

Saluons bien bas … le  « Moulin Rouge », mais aussi le « Blute-fin » et  le « Radet », rescapés de l ’histoire.

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