Escalader la rue Lepic

 

 

 

06/12/2009

Habitant alors le quartier, j ’avais surpris la rue Cauchois qui embrasse le café du coin, tristement  barrée et envahie d ’ inquiétantes machines, sous les feux de projecteurs. C ’était l ’heure de la promenade vespérale de Pistol, encore tout jeune chiot…


Notre lieu de rencontres habituel toutes lumières éteintes et portes closes, semblait avoir été pris d ’assaut par une bande d ’ imposteurs acrobates. Je voyais cette intrusion d ’un mauvais oeil…


« Le Café des Deux Moulins » (en référence aux deux seuls moulins survivants de Montmartre : le Moulin rouge mais aussi le Moulin de la Galette perché un peu plus haut) a vu évoluer cette héroïne aussi tendre qu ’espiègle que nous connaissons bien.

Le jardin d ’Amélie grimpe en continu vers une quête presque spirituelle d ’amour universel et partagé.

Portes de guingois comme des clin d ’oeil, fenêtres ouvertes sur la vie,  silhouette compassée d ’une vierge

Bien plus qu ’un lieu touristique, Montmartre qui  respire trois-cent-soixante-cinq-jours par an,  reste sous le charme.

Des grilles et une embrasure ornée d ’arabesque rappellent des souvenirs « que les moins de vingt-ans ne peuvent pas connaître ».

Autant de « boites à trésors » retrouvées et transmises dans lesquelles de nouvelles vies se succèdent au fil du temps.


Raffinement d ’autrefois, magie des souvenirs retrouvés parmi les odeurs



Ancienne boucherie reconvertie en épicerie fine, on y fouine, on y converse, on y fait des trouvailles… et des retrouvailles. Le patron me déconseille le Picolo de Montmartre qu ’il tient pour une piquette peu recommandable, majoritairement recherchée par les amateurs de pittoresque. En revanche, il me propose une petite bouteille d ’absinthe (peut-être édulcoré, mais de nouveau autorisé sur le marché) accompagnée de ses accessoires, dont la petite cuillère trouée en son milieu


La rue Véron, une voie étroite parmi tant d ’autres au village : elle prend à angle droit de la rue Lepic, et offre une percée directe sur l ’église Saint Jean de Montmartre au pied de laquelle elle arrête son parcours. Elle suit de très près le tracé parallèle de la rue des Abbesses.
Salon de coiffure,  bar à vins et  petites boutiques  en enfilade d ’un côté, de l ’autre une succession d ’immeubles de taille humaine, aux pas de porte modestes et tranquilles.


Le rue Lepic s ’éloigne radicalement de la rue des Abbesses qui prend naissance à l ’intersection et se termine à la gare du funiculaire. Moins « villageoise » et plus policée à mesure qu ’elle s ’élève, le rue Lepic poursuit son escalade en boucle  et permet d ’atteindre rapidement (à pied, en vélo, où en voiture) la Place du Tertre.

A sa gauche, la rue Joseph de Maistre mène tout droit à l ’enceinte du cimetière du village de Montmartre. Et là, l ’histoire nous rattrape encore…

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