La Floride et les Floridéens…

 

 

24/05/2010

Descendue de mon véhicule céleste,  je retrouve avec un bonheur indicible, Allen et Randy, mes deux fils …

 

 

 

 

 L ’émotion partagée des retrouvailles est monumentale. Les étreintes ne se relâchent pas avant que les marques d ’affection, depuis longtemps bridées par l ’éloignement, et  trop volumineuses pour être transmises par le haut-débit, ne se soient suffisemment  exhalés.

 

 

 

 

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Dans le tarmac d ’un aéroport, les gens heureux sont seuls au monde…

 

 

Nul ne peut les manquer, ces deux frères de coeur et de sang , même au milieu de la multitude, parce qu ’ils sont facilement identifiables par  un même sourire.

 

Le matin suivant, le soleil encore clément en ce début de journée de mai, m ’annonçe avec toute la  délicatesse  dont un soleil de Floride est capable, que le lever officiel a déjà eu lieu. Je me lève et me laisse instinctivement guider par mes pas en direction d ’une terrasse  entourée d ’un jardin  d ’ombres et de lumières. Les contrastes de verts et de bleu sont saisissants. Derrière mon mug empli de café,  je tombe immédiatement sous le charme  d ’une végétation paradisiaque qui révèle, nichés dans le secret de ses longues feuilles, de ses taillis épineux, ou dans les entrelacements de ses branches, des habitants microscopiques ou d ’acrobatiques diablotins. D ’autres créatures, dotées d ’une  physionomie  moins engageante, peuvent surgir et surprendre les visiteurs exogènes. Parmi ces dernières, un inoffensif « serpent jardiner » qui  recherche l ’ombre et la protection d ’un tas de feuilles roussies, ne montre aucune intention malfaisante. Nous le laissons tranquillement poursuivre sa route… Des lézards du pays, un peu spéciaux,  gonflent leur ballon d ’amour et esquissent des sauts …  Nul n ’imaginerait jamais de semblables ronds de jambes devant une cour royale. 

 

 

 

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Quelques papillons monarques s ’affairaient alentour. Leurs ailes sont des vitraux  de camaïeu orange. Ils jouissent d ’une durée de vie bien supérieure à celle de leurs homologues (neuf mois, contre vingt-quatre petits jours) et sont promis à un destin mythique. En automne, ces voyageurs quittent l ’Amérique du Nord à destination du Mexique. Les climats subtropicaux qui facilitent leur maturation sexuelle expliquent leur migration. Parvenus à leur quartier d ’hiver dans la forêt de Michoacán, (une région montagneuse, qui se situe à une altitude de 3300 mètres, et où les températures avoisinent zéro degré),  ils hibernent, avant de reprendre leur voyage vers le nord. Les tempratures printanières des zones qu ’ils parcourent en sens inverse, leur permettent alors de se reproduire avant de regagner leur région d ’origine où leur cycle de vie s ’achève. La nouvelle génération réitérera la migration.

 

 

 

 

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Les branches des deux grands chènes qui forment une accolade abritent des colonies de petits écureuils gris qui les ont transformés en terrains de jeux.

 

 

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J ’assiste sans en perdre une goutte aux déploiements de leur charme, à leur gestes de solidarité,  à leurs courses-poursuites. Leurs performances acrobatiques me laissent bouche bée. Je trouve un plaisir infini à observer un microcosme de la vie qui présente à mes yeux attentifs un monde tellement plus simple

 

 

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Une libellule étourdie s ’est aventurée sur la terrasse. Elle s ’est laissée piéger par le moustiquaire. Lassée de ne pouvoir trouver  l ’issue, pourtant  toute proche de ses  ailes de gaze, va-t-elle se résigner  à son sort, face collée contre le treillis ? Avec difficulté, nous parvenons enfin à lui communiquer le mot de passe…

 

 

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Ces  chevaliers sans peur à l ’armure ambrée atteignent bel et bien la taille du pouce de la main… Les  cancrelats, sans doute injustement décriés  à cause de leur apparence rébarbative, nous ont précédés sur la planète « Terre » qu ’ils n ’ont cessé de coloniser depuis plus de 400.000 ans. Ils ont survécu aux mammouths, surmonté l ’ère glaciaire,  et résisté à toutes les guerres, sans compter celle que nous leur menons depuis la nuit des temps.  Leur territoire tend à empiéter sur la notre et nous dénonçons leur arrogance : ils passent sans préambule de la fosse sceptique à nos placards à vaisselle, et envahissent  nos habitations jusque dans leurs recoins les plus intimes ou les moins avouables. 

 

 

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Une constellation de petites « choses » plantées sur un pilier de béton… Fait-elle écho au étoiles du ciel ? Ces « love bugs »  tristes et noires,  nous aiment  m ‘assure-ton, à la folie,  tellement fort qu ’elles n ’hésitent pas  à nous surprendre de nuit au volant de notre voiture, quitte à venir s ’écraser par milliers sur nos pare-brise, sans  parvenir toutefois à couper notre élan. Ce n ’est qu ’une fois le moteur arrêté qu ’on peut estimer les pertes,  et qu ’on  s’empresse de les balayer d ’un revers de main.

 

 

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Mais la Floride c ’est aussi un sol où les plantes les plus étranges  les plus  variées poussent  par enchantement, en dégageant de subtiles parfums, se projettent en  jets éclatants ou s ’pandent en  touches multicolores, dans la chaleur moite.

 

 

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La Floride, c ’est un peu cela aussi…

 

 

 

 

 

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