La maison de Balzac, rue Raynouard -13/09/2009

Retour rue Raynouard, baptisée du nom d ’un homme de Lettres et Académicien de son état…


Remarquons au passage l ’étonnante verrière « vitrail » dévalant d ’un seul trait la cage d ’escalier qui dessert les quelques six ou sept étages de l ’immeuble


Calée dans son voisinage immédiat, une maison basse dont la porte d ’entrée, discrète, est tout de même en chêne massif.


En face, une petite maison blanche bordée de frises bleues,  a su résister à l ’assaut de l ’utra libéralisme architectural


Quelques dizaines de mètres plus avant, ce mastodonte au visage maussade, occupe les numéros 51 à 55 de la rue. Il est né de la découverte du béton armé par son créateur  Auguste Perret (1874-1954) qui prétendait, à l ’aide de ce nouveau procédé de construction, « restituer la noblesse des matériaux antiques ». L ’architecte  vécut dans « son » immeuble les vingt dernières années de sa vie.


Le couple d ’angelots (que je trouve gauches et empâtés) ne parviennent pas à libérer mon esprit des lois d ’une pesanteur extrême.

 


A mi-chemin entre deux mondes, ce portail s ’entrouvre sur un espace indéfini qui paraît hors d ’atteinte

 


Franchissant cette « grande porte », on aperçoit en contrebas, dans une petite coure pavée, une modeste maison peinte en blanc aux fenêtres ourlées de vert sous la bonne garde de part et d ’autre de persiennes aux couleurs assorties. L ’entrée de cette habitation est signalée par un « tambour » véranda pentagonal dont la tête est couronnée de dentelles d ’acier.

 


La vie d ’Honoré de Balzac (1799-1850) a été une interminable fuite. Il connaît une première fois la faillite après avoir tâté de l ’imprimerie. Désemparé, il se réfugie chez son ami Henri de Latouche, « rue des Marais Saint-Germain » (actuellement rue Visconti)  et réitère son expérience d ’imprimeur…L ’entreprise est sauvée de justesse et Balzac, poursuivi par ses créanciers se réfugie rue Cassini (à proximité de l ’Observatoire de Paris), quartier très excentré à l ’époque), mais il y mène un train de vie fastueux. Ses énormes productions littéraires ne parviennent pas à éponger ses dettes…Il se réfugie alors dans un appartement qu ’il loue « rue des Batailles » devenue depuis lors avenue d ’Iéna, où il travaille jour et nuit,  abusant de la cafeïne pour se maintenir en éveil…Il fait plusieurs séjours au château de Saché, en Touraine, (où un musée lui a été dédié). Balzac recherche le calme et achète la « Maison des Jardies », à Sèvres (Hauts-de-Seine). La légende circule qu ’il souhaite entreprendre une culture d ’ananas, mais c ’est à des négociations immobilières qu ’il s ’adonne. Les créanciers, toujours à sa recherche, parviennent à retrouver sa trace…

 


Il quitte la « Maison de Jardies » en 1846, et s ’installe alors dans cette  petite maison de la « rue Basse », (aujourd ’hui Rue Raynouard) où sa gouvernante, Madame de Breugnol filtre les entrées aux seuls « visiteurs sûrs » .

 


Balzac apprécie le calme des lieux et c ’est à Passy que sa production littéraire est la plus abondante

 


  L ’écrivain a fait parvenir, quelques années auparavant à la Comtesse Hanska (de Pologne), le manuscrit de « La Fille aux yeux d ’or ». Ils entretiennent depuis lors une correspondance régulière. Balzac rêve de l ’épouser.


Il emprunte de  l ’argent à sa bien aimée et rachète la « Chartreuse Beaujon » une maison de la « rue Fortunée » qu ’il aménage de façon somptueuse et où sa vie s ’achève à l ’âge de 51 ans. La propriété a été depuis lors détruite et la rue Fortunée rebaptisée « rue Balzac ».  On a alors dédié cette maison modeste de la rue Raynourd à la mémoire de Balzac

 


Mue par le  charme bucolique de ce « jardin secret », je reprends l ’escalier qui prend naissance dans le mur de soutènement de la rue Raynouard ; je descends les marches une par une pour anticiper pleinement le plaisir de retrouver la rue Berton qui nous attend en contrebas


Je retrouve ici même, à proximité immédiate de la « borne de Passy » (la plaque est apposée sur le mur de la propriété),  « l ’issue de secours de la maison de Balzac », la porte qui ne s ’ouvrait qu ’aux visiteurs de confiance qui connaissaient le code confidentiel « Voici revenu le temps des prunes », cette échappée qu’empruntait l ’écrivain quand les créanciers parvenaient , en dépit des consignes, à se présenter devant la véranda


Rue Berton, un coin de campagne, si proche de Paris, autrefois et aujourd ’hui…


Et ces silhouettes qu ’il n ’est plus besoin de présenter…

 

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