La Place de Clichy au clair des lunes

04/11/2009

Construite au tout début du XX siècle, la ligne du métropolitain n° 2 traverse Paris d ’Ouest en Est, de l ’Etoile à la Nation en longeant les grand boulevards qui déploient leurs éventails de théâtres et de cabarets…

  autant de lieux  où on s ’amuse la nuit tombée.


Cette longue file de spectateurs s ’étire devant la Librairie Gallimard, mon quartier général. Il y fait bon l ’hiver…


L ’annonce du rock opéra « Beatles Story » tient depuis un moment l ’affiche d ’un petit théâtre de quartier. Le théâtre « Le Mery » est un endroit simple mais comfortable et convivial pour qui souhaite passer une soirée de détente.

A deux pas d ’ici, en remontant le Boulevard vers la Porte de Clichy, un espace abritait il y a quelques années les débuts du cirque tsigane d ’Alexandre Romanes…

Presque à l ’opposé de la Place, l ’Académie du Billard, partie intégrante du « Cercle de Jeux » prend des couleurs, insoupçonnées à la lumière du jour

De la lumière,  de la vie, de l ’amour. Que la fête commence !


D ’un côté du boulevard, occupant également un angle de la Place, la Brasserie  Wepler, spécialisée en huîtres est depuis cent ans le rendez-vous d ’écrivains, d ’artistes et de personnalités du Gotha.
De l ’autre, le » Palais de  Charlot », le « roi des coquillages » (assaisonnés à la provençale) : façade Art Déco, mobilier 1925, céramiques et fresques marines
.


Le plastique des coupe-vent semble projeter des paillettes qui bientôt se confondront aux multiples facettes des cristaux d ’hiver. Les tables en terrasse sont vacantes…


En face du cinéma mutliplex Pathe,  s ’alignent en rangs serrés des restaurants franchisés aux néons aguicheurs : Hippopotamus, Bistro Romain, Léon de Bruxelles…La pharmacie de Clichy est célèbre : elle est d ’astreinte toute l ’année, de jour comme de nuit. De longues files serpentent devant l ’entrée du bar tabac, ouvert lui aussi de janvier à décembre, jusqu ’à une heure avancée de la nuit. Elles sont absorbées en un clin d ’oeil mais se reconstituent aussi rapidement.


Paris, « ville lumière », c ’est la fièvre du samedi soir au quotidien, le passage est perpétuel, le spectacle s ’allume tous les soirs.

Le magasin Castorama occupe désormais  l’emplacement exact du regretté  Gaumont.Palace.L ’histoire du « Plus Grand Cinéma du Monde » commence avec le construction en 1899 pour l ’Exposition Universelle,d ’un hippodrome d ’une capacité de 5000 places sous une immense charpente métallique. Cet ouvrage édifié dans un sytle Beaux-Arts 1900, par les architectes Cambon, Galeron et Duray, devait remplacer l ’hippodrome de l ’Alma. On y assistait à des spectacles de pantomime, de cirque, de football.

Jusqu ’alors, le cinéma encore à ses balbutiements (plans fixes, fils courts), était présenté dans les fêtes foraines, salles de concerts ou de théâtre.
Avec les progrés des techniques cinématographiques l ’ouverture d ’espaces sédentarisés et dédiés au septième art se fait urgent.

En 1905, Charles Pathé ouvre la Salle Pathé Omnia. La société Gaumont achète et aménage des salles dans toute la France

1911 : Léon Gaumont rachète l ’hippodrome et y installe le siège de sa société. Il y fait aménager une salle qui compte alors la contenance impressionnante de 3400 sièges.

1930 :  l ’arrivée du cinéma parlant entraîne la nécessité de rénover les salles.  Henri Belloc  transforme l ’édifice ; il agrandit la salle de projection qui atteint maintenant 6000 places. La nouvelle salle est dotée d ’un écran panoramique de 325 mètres carrés et on remplace l ’orchestre qui accompagnait les films muets par un orgue Christie de fabrication britannique, présenté comme le plus grand orgue du monde. Deux orgues comparables étaient également installé au cinéma de la Madeleine et au Gaumont Opéra, aujourd ’hui disparus. Le célèbre organiste Tommy Deserre tenait également l ’orgue du choeur de Montmartre.

Le  Grand Rex et le Gaumont Palace, construits à la même époque remportèrent un succès tel qu ’au cours des années trente, les constructions de salles de cinéma explosèrent à Paris.

1955 : La façade Art Nouveau de la Belle Epoque subit l ’ajout de verres ondulés donnant l ’impression de cascades la nuit.

1972 : Le Gaumont Palace qui ne parvient plus à se remplir ferme ses portes. Le Grand orgue Christie est donné à la Commune de Nogent-sur-Marne qui l ’installe en 1980 dans le hall du Pavillon Baltard.

Embusqués dans l ’ombre du boulevard de Clichy, des passages très étroits, et beaucoup moins engageants

Jeanne Houhou la très gentille Est morte entre des draps très blancs Pas seule Bébert dit l'Anguille Narcisse et Hubert le merlan Près d'elle faisaient leur manille Et la crâneuse de Clichy Aux rouges yeux de dégueulade Répète "Mon eau de Vichy" Va dans le panier à salade Haha sans faire de chichi Les yeux dansant comme des anges Elle riait, elle riait Les yeux très bleus les dents très blanches Si vous saviez, si vous saviez Tout ce que nous ferons dimanche. 
(L ’Anguille – un des « Quatre poèmes d ’Apollinaire » mis en musique par Françis Poulenc)

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.