Le Boulevard des Italiens : relief de l ’avènement des banques

Le Boulevard des Italiens tire son nom de la présence d ’une troupe de comédiens italiens très en faveur au XVIII siècle. Ils durent  quitter l ’Hôtel qu ’ils occupaient, alors en ruines et s ’installer dans une rue toute proche : ainsi nacquit l ’Opéra Comique.

Au cours de l ’histoire, le boulevard (qui  commence Bd Haussmann et se termine rue Drouot) a pris plusieurs noms à la faveur des événements : boulevard d ’Artois, boulevard Cerutti notamment,  avant de d ’adopter son appellation actuelle.


Les Grands boulevards, à l ’époque où la tour Eiffel n ’avait pas encore été construite, constituaient autant de lieux de rassemblement et de plaisir. Ainsi, le boulevard des italiens a vu défiler le Tout Paris, portant successivement les couleurs des « Merveilleuses », sous le Directoire, des « Grandins » sous la Restauration et des « Dandys » sous Louis- Philippe,  des femmes à crinoline sous le Second Empire.
Mais avec l ’achèvement du Boulevard Haussmann en 1920 la belle vie du partager le territoire avec les affres de la grande finance naissante de nombreux lieux célèbres disparurent ( les cafés célèbres qui portaient les noms de Café de Paris, Tortini, café anglais…) au profit des établissements financiers.

Perçant les feuillages, la façade monumentale  du Crédit Lyonnais s ’impose


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Plus loin, sur le trottoir opposé, une demeure aux abords plus aimables


Il s ’agit d ’une certaine « Maison dorée » surnommée ainsi probablement en raison de ses balcons noirs ciselés d ’or
La Maison dorée : une légende…


La Maison dorée a été construite à l’emplacement de l ’hôtel Choiseul. C ’est le lieu où vécut Madame Tallieni, la plus célèbre des « Merveilleuses ». Elle lança la mode du vêtement grec volant et transparent. Son infidélité lui valut un divorce. On l ’avait surnommée « N.D. de Thermidor » parce que son salon abritait les militants anti-révolutionnaires les plus acharnés. Les lieux étaient dores et déjà placés sous le signe de la subversion


L ’établissement fut vendu en 1836 et abrita  le restaurant  Hardy. Ici se retrouvaient  mondains, écrivains, peintres, marchands d ’art ; ils  fréquentaient les seize salons du premier étage et dégustaient les spécialités de poissons préparées par le cuisinier Moisons ; la cave  ne comptait pas moins de 80 000 bouteilles . Figuraient au nombre des habitués, Alexandre Dumas qui s ’était réservé  un emplacement au rez-de-chaussée pour y installer son journal « Le Mousquetaire », Proust qui imagina dans les lieux la rencontre de Swann et d ’Odette, Berthe Morisot…
En 1886, se tint la dernière exposition des Impressionnistes.


En 1907, le temps et la mode passant, la Poste vint prendre possession des anciens salon
En 1973, la BNP vint s ’y installer. . La façade fut préservée, mais l ’intérieur de l ’édifice du malheureusement faire l ’objet d ’un réaménagement.


« La Taverne », une brasserie spécialisée dans la dégustation de fruits de mer est un clin d ’oeil au passé

 


Au premier abord la rue Lafitte offre un effet d ’optique d ’optique : l ’église N.D. de Lorette et le Sacré Coeur de Montmartre semblent juxtaposés l ’un à l ’autre.


Une plaque de rue transversale (pour information)


A l ’angle de la rue Lafitte et du Boulevard Haussmann, un immeuble de la BNP en forme de pyramide réalisé par Joseph Marrast illustre la toute puissance des institutions financières dans le quartier.


Cette plaque de rue en céramique est le produit d ’un certain travail.


Au fur et à mesure que j ’approche les limites de la rue Lafitte se découvrent à moi les contours plus réels d ’un édifice solidement soutenu par quatre pilastres. Trois figures allégoriques (foi, espérance et charité) sont fixées sur les pointes du fronton. Au centre, un bas relief représente la Visitation de la Vierge.

On a baptisé l ’église   Notre-Dame de Lorette,  nom attribué aux jeunes femmes un peu libres qui à l ’époque, fréquentaient le quartier.


Accolée à cette construction bien sévère (dont on dit que l ’intérieur recèle des trésors), j’emprunte la bouche du métro pour regagner Ménilmontant


Devant une assemblée bon enfant, quelques musiciens montés sur le podium entament un tour de chant dont les intonations rappellent Dylan


« The Stock Exchange ‘s burning down, burning down, burning down… the times they are changing »

Me voici chez moi !

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