« Le Chemin de la procession »

 

 
10/03/2010

Nous nous écartons avec prudence des pavés trop battus, et empruntons le bref tronçon d ’une rue  qui va bientôt s ’écouler sur le flanc nord de la butte, en enjambant par ricochets les rues Saint-Vicent, Lamarck, Marcadet  avant de faire halte
…   aux pieds de  l ’église Notre Dame de Clignancourt sur la place Jules Joffrin (où se trouve la mairie du XVIII arrondissement de Paris), avant de se répandre au loin et de rejoindre, au terme d ’une course de 1300 mètres, la Porte de Clignancourt, toute proche du « Marché aux Puces »

Rue du Mont Cenis

Aux dires de certains, la rue du Mont Cenis devrait son nom à l ’un des  massifs montagneux qui composent des Alpes du Nord. D ’autres soutiennent avec un égal acharnement, et  pour des raisons toutes aussi défendables que l ’appellation actuelle résulterait de  « Mont Saint-Denis » et aurait été écornée à la faveur de raccourcis linguistiques accidentels, survenus au fil du temps.

Ensemble de tois cîmes de Montmartre

Une entrée discrète et ombragée au n° 2, mène dans l ’enceinte de l ’Abbaye des bénédictines.  Bâtie sur les fondements de l ’ancienne « église Saint-Denis » (ravagée par les Normands au IX siècle et elle même construite en son temps, à l’emplacement du Temple de Mars,  l ’église abbatiale Saint-Pierre de Montmartre se dresse fièrement et fait pendant au dôme du Sacré Coeur.

 

La présence de l ’ancienne « Abbaye d ’en haut » expliquerait pourquoi cette petite portion de rue comprise entre la rue Norvins et la rue Lamarck (qui coupe dans son élan l ’impressionnant escalier qui s ’élance vers la plaine Saint-Denis),  porta un moment, selon toute logique, le nom de « Chemin de la la Procession »

Au premier plan se dresse une toure qu ’on croirait voir surgir d ’un conte ; le château d ’eau du Mont Cenis, né pour suppléer celui de la rue Norvins devenu insuffisant.

Un château d ’eau, deux châteaux d ’eau…à Montmartre

Immeuble de la rue du Mt Cenis

Petites maisons  blanchies, persiennes  villageoises, dentelles des garde corps, Montmartre, c ’est bien cela aussi

Charmante façade d'un immeuble bas

Convivialité  consacrée, anticonformisme un peu circonvenu. Montmartre envahie ne peut aujourd ’hui qu ’accueillir ses assaillants. Mais le ton fait toujours la chanson.

Tartempion bien entouré

La village s ’est adapté sans vouloir trop renoncer à son identité,  à la demande  d ’une clientèle toujours grandissante et diversifiée ; jeunes des provinces de France et d ’ailleurs, chevaux de retour nostalgiques, rêveurs concoctant de mystèrieux exploits, contemplateurs abandonnés à la solitude, adoptés de passage, grognons par vocation, clièntèles « pourvues, » contestataires de service…

« Tartempion » offre les attraits d ’une décoration intérieure « qui plait » ;  la « cuisine maison garantie » est mitonnée, l ’addition se veut indulgente.

 

Restaurants et galeries du rez-de-chaussée se serrent étroitement les coudes ; les façades de guingois parsemées de fenêtres, chaudement enchevêtrées les une dans les autres, tiennent tête avec vaillance  aux outrages éventuels du temps.

Descente impressionnante de la Butte Montmartre

C ’est là que  la rue du Mont Cenis nous présente un défit : une volée de marches vertigineuses nous précipite sur le vaste panorama de la plaine Saint-Denis. Le ciel, aujourd ’hui dégagé, nous offre les contours du  Stade de France, nouvellement construit en 1998
construit en 1998, en prévision de la Coupe du Monde de Football.
Peu désireux de quitter la butte pour acompagner la rue du Mont Cenis dans ses lointaines destinations et  nous revenons sur nos pas, déterminés  à nous enfonçer davantage dans les ruelles du « vrai Montmartre » et saisisssons avec bonheur le hasard  d ’une autre petite rue pavée qui semble vouloir retrouver « la campagne »

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