Le cimetière de Montmartre sous un pont

 

 

11/12/2009
Dès qu ’on quitte la place Clichy, on s ’étonne de la grande diversité  dans l ’allure des passants et dans l ’aspect des bâtiments.
La rue Caulaincourt ouverte en 1867 pour relier la rue Joseph de Maistre au pied de la butte au quartier de Clichy, se détache du Boulevard de Clichy à l ’endroit où un magasin Conforama occupe l’emplacement du feu Gaumont Palace et traverse en suspension un cimetière.

Adossée à un petit escalier, une échoppe souriante et conviviale  laisserait imaginer la proximité insolite d ’un parc de loisirs. Les marches nous mènent rue Rachel en contrebas. La rue Rachel est habitée par quelques immeubles résidentiels dont le rez-de chaussée est occupé par des bars-restaurants. On y respire un curieux mélange de réjouissance et de recueillement. La rue Rachel qui rejoint le Boulevard de Clichy en direction de Pigalle finit en bas des marches, là où se tient un portail à double vantaux.

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Bernard Dimey poète et parolier, également pilier de bistrot à  Montmartre déclarait :


« Le seul pont de Paris, c ’est le Pont de Caulaincourt. Celui-ci enjambe non la Seine mais le cimetière de Montmartre »


Ce premier pont construit en acier,  en 1888, offre une vue imprenable sur la butte et les sépultures du cimetière
Il inspira les paroles du célèbre « Adagio du Pont  Caulaincourt » chanté par Mouloudji. Les rendez vous d ’Irma la Douce restent présents dans le souvenir collectif.

Montmartre,  colline sacrée et lieu stratégique depuis deux millénaires… Dès l ’antiquité on y procédait à l ’extraction du plâtre en creusant des galeries qui provoquaient parfois des éboulements. Le plâtre était utilisé pour les constructions de la capitale.


Un lieu « où souffle l ’esprit » ; depuis deux siècles les artistes des arts et des lettres viennent  y chercher l ’inspiration. Nombreuses sont les personnalités artistiques, ou scientifiques,  qui y reposent pour l ’éternité..


En 1818-1824, le village de Montmartre est réorganisé. A cette occasion, le « cimetière nord », improvisé sur une carrière, en dehors de Paris, pour y inhumer  les victimes des émeutes révolutionnaires, (et qui n ’était qun dépotoir où les défunts étaient rapidement enterrés) est réaménagé et ouvert officiellement en 1825
Depuis 1860, date de l ’annexion de Montmarte à Paris, le cimetière  occupe sa situation actuelle.


Les chapelles se rassemblent en bouquet sur les hauteurs du cimetière. Vers la droite, on reconnait le minaret du « castel » imaginé par Monsieur de l ’Ecalopier, dans l ’Impasse Marie Blanche
Impasse Marie Blanche


A l ’ombre des poutres en treillis métalliques du pont Caulaincourt, un paysage surréaliste : quelques sépultures sagement alignées s ’organisent en cercle. Les places semblent comptées, ici aussi…


Un monument solitaire…Ne vaut il pas mieux donner que que jeter ?

Pistol, dont la présence trop exubérante n ’est pas tolérée en ces lieux de recueillement, a franchi comme une bombe le seuil d ’un restaurant où il a ses habitudes, attiré par les discrets fumets d ’un ami de la rue Rachel.

Je dépasse, indifférente,  un groupe de touristes qui tentent de suivre  fébrilement quelque énigme afin de résoudre une course aux trésors,  et  me contente d ’aller là où vont mes pas. Le hasard m ’offre l ’une après l ’autre la découverte de quelques ultimes villas.


Ici , un temple soigneusement gardé par deux soldats romains,  plus loin un bas relief : évoque-t-il  un  voyage à Cythère ?


La présence du pont métallique qui coupe en deux ce lieu de souvenir (et dont l ’édification fit scandale en son temps), les loggias qui offrent au regard des visions abruptes d ’une superposition de sépultures, déconcertent.
Mais les arbres nombreux et leurs feuillages généreux parviennent à adoucir  les pensées mélancoliques.


Vue « aérienne » sur le toits d ’un village? Le cimetière Nord  compte 20.000 concessions. Cinq-cent âmes viennent chaque année grossir ses effectifs. Mais ce lieu de repos, comparé aux autres cimetières métropolitains, garde pourtant figure humaine.

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Un coin bucolique et tranquille à l ’ombre des rayons obliques et puissants du soleil en cette fin d ’après midi d ’été… Sommes-nous vraiment à Paris ?


 ‘Il y a bien plus de Montmartre dans Paris que de Paris dans Montmartre ! ’


Un rond point : c ’est là où se rencontrent  les allées du cimetière. La présence d ’un édicule originale et tout rond ne manque pas de surprendre.


La chapelle  qui porte le nom de Delamare-Biohsel, a été dessinée par Boiret. Résidant rue de Londres, du côté de Saint-Lazare, il conçut de nombreux immeubles parisiens, mais ne devint pas une personnalité marquante de  la période architecturale « Art Nouveau ».

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