Les anciens abattoirs de Vaugirard : le « Parc Georges Brassens » 1

Malgré son flair indéfectible, Pistol n ’était pas parvenu à localiser mon porte feuille dont j ’avais fébrilement constaté la disparition depuis l ’avant veille Il m ’a fallu tenter l ’ultime chance de récupérer mon bien, après être passé par le détecteur de sécurité situé derrière la porte métallisée de la Préfecture de Police, là où, au n°36 rue des Morillons, attendent des objets perdus et trouvés : robe de mariée, passeports, crânes trouvés à proximité des catacombes, nez rouge, clés de ceci, de cela, lunettes de soleil, panneaux de signalisation routière, tableaux, cannes, poissons rouge, bijoux, cailloux, choux … Dans les environs immédiats de la sévère bâtisse de brique rouge, je retrouvai en ce début mars, avec un soulagement égal à celui d ’avoir récupéré l ’objet que j ’avais semé, un printemps à peine naissant et décidai de longer la barrière qui délimitait du reste du monde une zone de sérénité Ces deux bovins emblématiques encadrés par les deux bâtiments d ’origine en vis à vis, signalent l ’entrée des anciens abattoirs de Vaugirard construits par l ’architecte Ernest Moreau (à l ’occasion de l ’Exposition universelle de 1878) Ils sont tous deux nés des mains du sculpteur animalier Isidore Bonheur, proche parent de Rosa Bonheur, dont la renommée était internationale en son temps. Rosa Bonheur Marché aux chevaux – MetropolitanMuseum – Nex York On attribue à ces taureaux de bronze des origines diverses : une légende affirme que flanquant le Palais du Trocadéro, lors de l ’Exposition Universelle de 1878, on les aurait déplacés pour les poster avantageusement devant les tout nouveaux abattoirs de Vaugirard. Pavés irréguliers , fontaine, pavillon d ’allure industrielle précédé d ’un rideau de verdure… Les signes d ’activités sont aujourd ’hui réduits à la promenade dans un lieu que remplissaient autrefois cris et commotions Ernest Moreau, l ’architecte concepteur des lieux, ouvrit d ’abord un marché, couplé d ’un abattoir, exclusivement destiné aux bestiaux. Les portes s ’ouvrirent en 1898 On a peine à imaginer aujourd ’hui la fébrilité des tractations. « Quand je suis allé la première fois là dedans, je suis rentré chez moi, j ’ai pleuré pendant deux jours, j ’ai caché tous les couteaux, j ’avais envie de mourir » (Georges Franju – 1949) link (vidéo « Le Sang des Bêtes » de Georges Franju)

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