Les treize moulins de la rue Lepic

 

12/02/2010

Le vent soufflait librement sur Montmartre et faisait tourner les moulins
Rue Lepic, ils se trouvaient au nombre de treize.

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Le « Blute-Fin » qui occupe toujours une loge à la hauteur du n° 77  s ’inscrivait dans une enfilade de moulins qui s ’échelonnaient le long de la rue, de bas en haut.Il était précédé du Moulin de la Fontaine Saint-Denis, du Moulin Neuf,
du Moulin Vieux…
Il  était suivi du Moulin de la Petite Tour, puis du Moulin de la Vieille Tour,  plus haut du Moulin du Palais et son annexe « la Guinguette », et enfin du  Moulin de la Grande Tour.

Construits à partir de 1615, tous ces moulins ont été détruits peu avant la Révolution, à l ’exception des deux que nous connaissons.
Qui se souvient encore de ces noms là…

Le « Radet » uni fraternellement au « Blute-Fin » par la famille des meuniers Debray qui y avaient organisé des bals, échappa de justesse à la destruction. Il fut transplanté de la rue Norvins à l ’angle du n° 83 de la rue Lepic et de la rue Girardon.

Aux côtés du « Blute-Fin » qui  séjourne toujours à ses côtés, mais qui s ’est assoupi depuis quelques décennies dans les hauteurs d ’un jardin aux branches entrelacées qui lui servent de protection, « le Radet » a repris la torche et se trouve maintenant seul à assurer le service de la  galette.

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Nous contournons l ’ombre du « Radet » par la rue Girardon. Quelques pas nous suffisent pour gagner l ’intersection de l ’avenue Junot et de la rue Norvins. Le numéro un de l ’avenue Junot est un petit  hôtel romantique de belles proportions. La porte d ’entrée vitrée nous éclaire généreusement, et le balcon qui la surmonte, très intimiste,  nous retient sur place quelques instants.
Treize moulins… »Ciné treize »…coincidence purement accidentelle.
En 1986  Claude Lelouch, imagina fonder une salle de cinéma et de théâtre à la fois. Lelouch tenait au nombre treize, le théâtre fut marqué de ce sceau . Il m ’a été confié qu ’au bar, on sert du puch et du champagne qu ’il nous est permis de siroter devant l ’écran …et que l ’enfilade des salles souterraines  vaut  à elle seule la visite…

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Au cours du XIX siècle, Les hauteurs de  Montrmartre offrent aux artistes peu argentés les avantages d ’un éclairagefavorable. Ces derniers saisissent aussi l ’aubaine des loyers modiques proposés….à l ’époque.

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La rue Lepic abrite ainsi, au cours des deux derniers siècles, une pépinière d ’artistes : peintres,  personnalités du music hall , écrivains, poètes : Paul Fort, Céline, le dessinateur satirique Forain, le chansonnier Jean Rictus, les peintres Adolphe Willette et Charles Léandre. Van Gogh partagea avec son frère le troisième étage du n°54, avec une pensée particulière pour le chansonnier communard Jean Baptise Clément, créateur du « Temps des Cerises », qui habita plusieurs immeubles de la rue et finit ses jours au n° 11O.

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La rue Lepic offre encore aux promeneurs contemporains une longue enfilade de galeries de tableaux et quelques cabarets. Ma la rue est bien calme ce soir et bien silencieuse.
Le froid nous arrache doigts et oreilles.

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Nous avons atteint le point culminant de la rue Lepic qui se fond dans un dédale de rues enlacées. A la faveur de la boucle que forme  la petite place Jean Baptiste Clément pour rejoindre la rue Norvins, nous croyons voir devant nous un temple dédié à Bacchus.

Quelques marches mènent à une vasque avantageuse, innondée de lumière…

 

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