Métro – notre ligne 2 : station Jaurès

 

 

A la station Jaurès, il se passe toujours quelque chose… Des découvertes, mais aussi des tribulations parfois musclées. En bordure des quais, la fougue des Républicains entourant la Bastille brille sous les projecteurs du soleil de cette belle  journée.

 

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Ligne  2 du métro, station Jaurès… qui n ’a pas toujours porté ce nom…  « Porte Dauphine » naît en 1900. Très vite, la très chic avenue Foch est reliée à la Place de l ’Etoile. Bientôt la ligne, construite peu profondément en sous-sol atteint Anvers. Mais la poursuite de son trajet se heurte à des obstacles de taille, liés  à la présence conjuguée de la Seine et d ’un vaste espace enchevêtré de noeuds ferroviaires appartenant aux compagnies des chemins de fer du Nord et de l ’Est … Il serait moins onéreux d ’enterrer la ligne à  grande profondeur. Pourtant, on choisit la solution aérienne  » qui permet de faire découvrir Paris aux voyageurs ». La ligne n°2 du métro s ’élève donc en viaduc sur un tronçon de quelques kilomètres reliant Anvers à la station « Combat » (qui prend plus tard le nom de Colonel Fabien).

 

  
Rappel succinct au sujet de Jaurès :  né à Castres, fils d ’une famille de la petite bourgeoisie il s ’attache à allier les causes bourgeoise et ouvrière dans sa lutte contre les possédants. A ce titre, il est diversement apprécié, souvent décrié même par les representants du peuple, Jules Guesdes en tête, qui ne voient en lui qu ’un opportuniste bourgeois. On connaît aussi la position qu ’il prend dans l ’affaire Dreyfus, lorsqu ’il s ’ingénie à ne défendre qu ’un innocent condamné arbitrairement par une justice militaire. Pacifiste, il ne cautionne l ’ouverture des hostilités qu ’en dernier recours, ce qui lui vaut de périr sous les coups d ’un certain Raoul Villain, adhérent de la Ligue des Jeunes amis d ’Alsace-Lorraine, précisément quatre jours avant la déclaration de la Première Guerre Mondiale.

 

 

La station qui porte son nom s ’appelle jusqu ’alors « Rue d ’Allemagne ». Les trains y passent sans s ’arrêter, Il s ’impose maintenant de la rebaptiser très rapidement. On décide de rendre hommage à celui qui vient de périr pour ses idées. Jean Jaurès sera réhabilité et honoré aux lendemains de la Grande Guerre, alors que la France compte ses héros blessés ou disparus par  centaines de milliers.

 

 

Le métro se prépare à  négocier la grande courbe en S qui mène à la station « Stalingrad ». Le viaduc enjambe le Boulevard de la Vilette et la Seine en frôlant une rotonde construite par l ’architecte Ledoux : reliquat du pavillon des fermiers généraux, l ’un des derniers vestiges de ce mur de l ’Ancien Régime à Paris.

(la photo est brouillée par la présence de graffitis gravés à la va-vite sur la vitre)

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