Notre rue de Ménilmontant

 

16/03/2009 

J ’ai grand ouvert mes lucarnes sur un pan de ciel tout bleu et l ’ai tirée par la manche. Penchée sur son écran, elle n ’a pas bougé. Alors, je me suis planté à ses côtés, raide et tremblotant, les antennes rabattues à bâbord, les larmes aux yeux..

Elle a compris.

Devant l ’urgence de la situation, elle à vidé sa tasse de café  et a suivi mes pas.

J ’ai filé nez au sol dans l ’étroite rue Delaître, bosselée, presque fermée, et nous avons débouché rue de Ménilmontant.

 

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Je me suis approprié cette rue à flanc de colline, qui compte un peu plus de mille-deux-cent mètres (et autant d ’arrêts obligatoires pour moi). Elle commence en bas, dans le prolongement de cette rue Oberkampf (à laquelle j ’ai déjà aludé), à partir de la station de métro Guimard qui lui est éponyme.

 

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La bouche du métro occupe le beau milieu du terre plain sur le Boulevard, là où se disputent des parties de pétanque, où se tiennent quelques vendeurs à la sauvette. Elle signale à la fois la fin du boulevard de Belleville et le départ de son prolongement, Boulevard de Ménilmontant, bordé de petits restaurants conviviaux où  étrangers de passage et  habitués du « village » se retrouvent aux terrasses, dès les premiers beaux-jours.

C ’est là que commence « l ’escalade » : d ’abord une succession ininterrompue de commerces  variés :  Taxiphones, mobilier, sandwiches turcs,  chinoiseries pléthoriques dont le trop plein se déverse  sur les trottoirs, un magasin Casino…dont le fronton a été pris d ’assaut par des « Space Invaders »

 

 

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 Cette passerelle biscornue qui enjambe des voies désaffectées de la « Petite Ceinture », mène rue des Cascades, sur le « village de Belleville »

 

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Sur le côté, débouche une petite rue qui sent la campagne…

Plus haut, dans la rue de Ménilmontant, on aborde des ateliers où sont exposés des objets d ’artisanat africain, autant d ’ouvertures sur le monde, autant de tentations.

 

 

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Elle peine à suivre mon rythme. Je m ’élance droit devant, et pile devantelle sans  crier gare. Elle me reproche mon manque de savoir vivre. Ellea manqué faire un vol plané au-dessus de mes antennes, ce qui peut s ’avérer dangereux.

 

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Je m ’arque-boute, prends appui sur mes postérieurs ; elle ramasse avec sollicitude. Nous reprenons l ’escalade à petits pas mesurés.

 

 

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 Une petite cour ombragée aux murs multi-colorés et juste à côté, une drôle de boutique portant une enseigne : ‘La Miroiterie ».

 

 

Photo 092

Autrefois squatt, cet endroit étonnant a été transformé en centre culturel offrant, au fond de la cour, une salle de concert de musique alternative et, dans la boutique, deux salles d ’exposition où se retrouvent des peintres et des sculpteurs du monde entier.

 

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Ce paisible petit parc planté d ’arbres borde un hôtel particulier construit au XVIIIè siècle

 

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 Le premier propriétaire, Nicolas Carré de Baudouin fit ajouter cette façade, inspirée de l ’architecture italienne.

Cette « folie » du XVIIIè accueillait les bourgeois enrichis de l ’époque qui aimaient se reposer à Ménilmontant et s ’y divertir ;  la rue bénéficiant d ’une vue imprenable sur Paris, constituait à l ’époque un lieu de promenade très apprécié.

 

Puis le maison fut revendue à la famille Goncourt. .

 

 

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En 1830, les Soeurs de Saint-Vincent de Paul qui y fondèrent un asile pour orphelins ; elles gérèrent un foyer de jeunes travailleurs jusqu ’au début des années 1970.

La Ville de Paris racheta les lieux. Depuis le début des années 2000, cettte résidence a été transformée en centre culturel.

 

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Nous ferions bien « une pause » en face. Nous allons atteindre la rue des Pyrénées…

La rue de Ménilmontant grimpe encore au delà, pour atteindre la station de métro Saint-Fargeau.

 

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On nous a raconté que notre rue tirait son nom du mot « mesnil » signifiant domaine agricole.

Il nous a été confirmé que notre quartier avait été bâti sur l’emplacement d ’un chateau ayant appartenu, jusqu ’au XIXè siècle à une certaine famille Le Peletier.


Un certain Marquis Louis-Michel Lepéletier, comte de Saint-Fargeau s ’érigea en ardant défenseur de la cause monarchique en 1789, puis vira de bord, vota la mort du roi, renia ses origines  et se proclama ardant défenseur de la cause du peuple. Il mourut d ’ un coup de couteau porté par Philippe de Paris, ancien garde du corps de Louis XVI.

 

 

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Nous amorçons un retour à la maison, à pas retenus. Par temps très clair, Nous avons vue plongeante sur Paris, avec au premier plan, ce jeu de mécano qu ’on appelle « Beaubourg »

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