Oberkampf : nous y voilà ! -05/05/2009

 

Oberkampft  c ’est un peu cela …

 

C ’est un peu cela, aussi …

 

 

L ’histoire du quartier se dévoile à la faveur de quelques indices disséminés par-ci par là

 

 

Oberkampf à première vue ne paie pas de mine, Il nous faut partir à sa découverte.

 

Oberkampf tire son nom d ’un artisan de renom, le créateur des toiles de Jouy. Descendant d ’une longue lignée de teinturiers de Wurtemberg, il établit à Jouy-en-Josas sa manufacture d ’impression sur toile qui devient, à la veille de la Révolution, la deuxième entreprise industrielle de France, après « Saint-Gobain ». Bien que protestant, Oberkampf , qui sait bien « mener ses affaires » obtient de Louis XVI des lettres de noblesse. Sa manufacture obtient le privilège de Manufacture Royale. Faisant preuve d ’opportunisme dans ses idées politiques, Oberkampf survit à la Révolution. Napoléon visite ses ateliers et le décore de la Légion d ’honneur.

 

 

L ’histoire du quartier commence au début du XIIè siècle avec l ’implantation de l ’Abbaye de Saint-Antoine-des-Champs sur des marais irrigués par les ruisseaux venant des villages de Belleville et de Ménilmontant. Les ecclésiastiques obtiennent  des passe-droits de la part de la Couronne : des ouvriers et travailleurs saisonniers s ’installent alors sur ces terrains, donnant ainsi naissance à une longue tradition artisanale ; les activités sont très diverses, allant de la fabrication  d ’objets d ’art, de porcelaines, ébénisterie (rue du Faubourg Saint-Antoine, au travail des métaux

 

 

La « Révolution Industrielle » porte un essor sans précédent aux « ferrailleurs » Les ateliers de petite mécanique (fonderies, chaudronneries) battent leur plein. Cette explosion d ’activité entraîne une telle arrivée d ’auvergnats « montés à Paris »,  que le quartier prend alors le nom de « petite Auvergne ».

 

 

Petits commerces et  bistrots viennent naturellement émailler les rues de ce  quartier ouvrier ; il faut répondre aux besoins quotidiens  des travailleurs (se vêtir, s ’alimenter, se distraire).


Dans les années cinquante s ’amorce le déclin de l ’industrie. Les ateliers ferment…avant d ’être, quelques décennies plus tard, redécouverts et reconvertis en « lofts »

 


Clin d ’oeil en coulisse aux temps passés, encore si vivants  dans les souvenirs …

 


Arrivent les années quatre-vingt dix : le quartier ressuscite : les géraniums se remettent à fleurir sur les rebords de fenêtres, les pas de porte se revêtent  de couleurs fraîches, les cafés deviennent « branchés », tandis qu ’un groupe musical punk s ’approprie le nom éponyme d ’Oberkampf.

 

 

Passé et présent se chevauchent désormais ; les nouveaux venus (étudiants, jeunes créateurs, petits entrepreneurs en nouvelles technologies) se sont intégrés avec succès.  L ’esprit des lieux est préservé !

 

 

  Débouchant de la rue Moret, nous arrivons sur une voie qui monte en serpentant, la rue Jean-Pierre Timbaud. A mi-côte : une placette entourée d ’arbres. C ’est ici que  tous les vendredis, autour de la Fontaine Wallace les fidèles de l ’islam s ’adonnent aux ablutions d ’usage, avant d ’entamer la Prière (photographes, par respect, s ’abstenir ce jour là!).

 

 

Visage harmonieux, mains volontaires , corps vigoureux

 

 

Cette rue Jean-Pierre Timbaud portait autrefois le nom de  rue d ’Angoulème en souvenir d ’une certaine « ville neuve d ’Angoulème », (propriété du comte d ’Angoulème). Cet ancienne « ville neuve » avait été construite au XVIII sur des terrains marécageux).

 

 

N° 94 rue jean-Pierre Timbaud. Un portail, qui illustre et rend hommage aux  talents du travail des métaux.
La maison des Métallurgistes, d ’abord  fabrique d ’instruments de musique au XIX siècle est devenue le siège de l ’Union fraternelle des Métallurgistes. Elle a longtemps abrité  des activités syndicalistes (CGT). Rachetée en 2001 par la Ville de Paris à la section CGT metallurgiste elle abrite depuis lors des activités culturelles (recherches, séminaires, conférences, animations).


Coup d ’oeil dans la coure intérieure

 


L ’esprit de Jean-Pierre Timbaud, secrétaire CGT des Métallurgistes puis Résistant est toujours très vénéré. Pris en otage, en représaille à l ’attentat à Nantes du Commandant de l ’armée occupante, Holtz, il fait partie des « 27 fusillés de Chateaubriand » (comptant également Guy Moquet) 

 


Et  nous atteignons la bouche du métro « Couronnes », sur le boulevard de Belleville.

 


Amoncellements offerts de délices dont la fraîcheur n ’est à nulle autre pareille

 

 

Pistol-Chien : prends garde  où tu pisses, particulièrement ici ; parcequ ’ aux yeux de l ’islam, tu représentes (à parité avec le cochon)  l ’animal impur !

 

 

Le boulevard de Belleville rassemble des populations d ’origines diverses. Alignements colorés des canopies, bouquets de  senteurs venues d ’ailleurs percent le rideaux d ’arbres vert.

 


La boucle se referme : ici se trouve le point de départ de la rue Oberkampf (à droite). Mais nous allons sagement prendre  à gauche, la rue de Ménilmontant

 

 

Les cloches de N.D. de la Croix applaudissent une sortie de messe et sonnent l ’heure toute proche du déjeuner

 

 

 

 

« Maintenant que la glace est rompue, causons ! »

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