« Paris-Rive gauche »: du nouveau sur de l ’ancien -17/03/2011

 

Le port de Tolbiac est vide et silencieux le péniches chargées de blé des régions de Beauce, de Champagne n ’assurent plus leur va et vient. Pelleteuses et trafic grande vitesse remplacent désormais les camions qui autrefois livraient grands moulins et industries présents et actifs sur le quai.

Pavillon abandonné dans une bretelle de voie express, avec

Là où s ’arrêtent les pistes cyclables un pavillon en détresse apparente  au milieu de la circulation. Comme un malheur ne vient jamais seul, il est flanqué d ’un panneau publicitaire qui ironiquement, vante les mérites d ’une chambres d ’hôtel standard toutes commodités comprises pour des prix étudiés. Le propriétaire de la maison se sent-il chez lui ailleurs ?

 

Pavillon abandonné dans une bretelle de voie express, port

Paupières closes, teint décoloré, la petite maison sur la voie express se résigne à sa destinée, et se laisse partir doucement

 

Pavillon abandonné dans une bretelle de voie express, derr

Parvenus à gagner le Pont National qui joint les deux rives de la Seine, nous saluons une dernière fois notre « petite maison » perdue.

 

 

Bâtiment rouge Paris-Diderot

Rue Watt, paradoxalement sinistre et mal éclairée il n ’y a pas encore si longtemps : une voie déserte,  enjambée par des trains qui faisaient vrombir les passerelles, et par des gares aux marchandises théâtres de règlements de compte, et  où malgré tout, Boris Vian caressait le rêve improbable d ’acheter son petit coin où faire pousser des tomates…

 

Bâtiments Université Paris-Diderot vue latérale et passe

La couleur a remplacé le noir et blanc accentuée par la crépuscule sur les construction cubiques bien ordonnées

 

Résidences nouvelles composition de rouge et vert, quartie

Couleurs riantes qui jouent avec les volumes, enfilades d ’ immeubles qui ressemblent à des patchworks géants mais dont la taille est à la mesure de l ’homme ordinaire, interrompues par l ’émergence toute nouvelle de « clubs » boulangeries, sandwicheries, panini et compagnie… itinéraires rectilignes, voies parallèles et perpendiculaires… Dans la « ville nouvelle » viennent s ’installer en grande majorité des cadres célibataires aux revenus confortables.

Nous ne sommes pas transplantés dans une quelconque ville outre Atlantique, mais bien à Paris-Rive Gauche qui renaît des décombres d ’un passé dont le coeur palpite encore …

 

Chantier de la Plaque, ancien quartier Massena, pont suspen

Champs de bataille hérissés de picots dissuasifs où les tons  rouges et or se déclinent sur fond ocre et vert passé, où passerelles et échafaudages flottent sur des reliefs accidentés de terre brûlée. En ce dimanche après midi  seule la présence inébranlable  de puissantes machines semble trahir une activité humaine. Au loin, un pont suspendu semble tenir miraculeusement au-dessus de la mêlée chaotique. Il supporte en réalité,  le boulevard périphérique extérieur qui incidemment relie Paris Massena, ancienne plaine d ’Ivry, à sa mère patrie.

 

Chantier de la plaque, ancien quartier Masséna, vue sur le

Il parait risqué de s ’aventurer plus avant dans les entrailles en fusion d ’un no man ’s land . Prisonniers d ’une invincible armée de barricades, dans l ’impossibilité de poursuivre notre route, nous sommes contraints de biaiser et de rejoindre la rue des Grands Moulins, parallèle à l ’immense zone de travaux qui colonise le quartier , dans l ’espoir de retrouver en chemin, en revenant sur nos pas, quelques traces d ’un monde englouti.

 

 

Une ville nouvelle s'élève au soleil couchant- quartier C

D ’or et de diamant, sous bonne garde de deux cerbères dressés sur fond azur, le nouveau parvient à pactiser avec l ’ancien…

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.