Pseudo Carnaval de Paris…la suite du defile

Les festivités du Carnaval de Paris, dont l ’origine remonte a  la nuit des temps, débutaient vers la    saint-Martin et se terminaient en apothéose a la mi-Carême. Une longue période de détente et de liesse au cours de laquelle on pouvait espérer s ’affranchir temporairement des    contraintes sociales et religieuses, mais aussi a mesure qu ’on progressait dans le temps, une période ou les activités artisanales et commerciales pouvaient battre leur plein. Artisans et    maraîchers  présentaient fièrement leurs produits, les bouchers promenaient leur Boeuf Gras par le licou, et le sympathique ruminant, sacrifie sur l ’autel du carnaval, prit au XIX siècle les    dimensions d ’une figure mythique, tandis la fête menait bon train vers la Courtille.

En partie pour des raisons conjoncturelles a l ’aube du XX siecle,  la marche de la    Courtille fut supprimée. Avec la disparition des petits métiers , la marche des Blanchisseuses, tout comme bien d ’autres disparut elle aussi, et a l ’aube du XX siècle, le Carnaval de    Paris tomba finalement dans l ’oubli.

Dans les années 1990, la Ville de Paris donna le feu vert pour que le Carnaval de Paris puisse revivre. Néanmoins,    seul, le défile du Boeuf Gras, qui semble avoir repris en partie le trace de l ’ancienne descente de la Courtille, semble avoir bon an, mal an, résisté aux outrages du    temps.

On peut toutefois se prendre a regretter que quitte a devoir sortir de l ’oubli, notre Carnaval n ’ait pas repris la trame    de son fil traditionnel, sous le signe de la musette et des guinguettes…

Les effets négatifs de l ’abandon des carrières, et de la crise industrielle des années 1960 sonnèrent le glas de    toute une vie  a Belleville et a Menilmontant. Les ateliers des artisans métallurgistes fermèrent leurs portes, les bulldozers entreprirent de raser des    quartiers entiers de petites villas ouvrières entourées de leur jardinets, condamnes a tort ou a raison pour des motifs supposes d ’insalubrité, les populations qui y avaient pris racine en    furent chasses, les petits propriétaires occupants furent expropries moyennant une bouchée de pain, et relégués dans des tours qu ’il fallait se hâter de construire au plus vite pour accueillir    une nouvelle population d ’immigrants maghrébine et chinoise, tandis qu ’une classe montante de Bourgeois Bohème s’emparaient des anciennes propriétés restaurées. Le béton coula sans discernement    sur le flan de la colline, murant abruptement de paisibles ruelles ombrées d ’arbres…

Malheureusement, au cours du XX siècle les cafés, lieux traditionnels de rencontres et de convivialité ont perdu    leur physionomie originelle quand ils ne disparaissent pas. Lieux de consommation aux façades repeintes, ils sont en outre frappes progressivement par des mesures de plus en plus restrictives,    tels les arrêtes préfectoraux interdisant l ’accès aux terrasses en soirée…Les nouveaux résidents « stresses et nantis » qui ont acquis chèrement leurs droits  » a la paix et au silence »,    en même temps que leur titre de propriété, ne doivent en aucun cas n ’etre ni dérangés, ni contraries…

Dans ces conditions, ne pouvons nous dans un premier temps, apprécier et admirer les élans festifs et la grâce    haute en couleurs venus d ’ailleurs …

 

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Parvenu a la hauteur de la rue de Belleville, le dernier cortège survivant du Carnaval de Paris se    prepare a  reprendre le trace traditionnel de la marche de la Courtille, en prenant la direction du la rue du Faubourg du Temple, dans le quartier de la    République,

Souhaitons lui bon vent …

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