Rue Berton, l ’Hôtel de Lamballe -10/09/2011

Nous venons d’emprunter la sortie du Parc de Passy et nous trouvons rue Ankara qui augure quelque présence orientale

A la coudée de  cette voie calme et silencieuse où des silhouettes fantomatiques s ’éclipsent sur le trottoir, nous voilà saisis par  l ’apparition d ’une délicieux pavillon XVIII

Les grilles hermétiquement closes et étroitement surveillées pourraient offrir l ’accès à quelques initiés, aux allées aristocratiques  d ’un beau parc. Quelques voitures d ’envergure importante reposent, anachroniques, sur un  espace pavé qui tient lieu de parking

Avant de devenir enceinte de l ’Ambassade de Turquie, cette demeure servait de villégiature à la princesse de Lamballe, amie de la reine Marie-Antoinette. Madame de Lamballe eut une destinée tragique (on présenta à la reine faite prisonnière, la tête de son amie au bout d ’une pique).

L ’hôtel changea de vocation quand le fameux Docteur Blanche fit transporter en 1846 ses aliénés de Montmartre en cette aimable maison de repos. Gerard de  Nerval et Charles Gounot y séjournèrent,  Guy de Maupassant y rendit son dernier soupir.

L ’hôtel en lui-même tomba en ruines dans les années 1920. Seul subsiste le pavillon d ’entrée et un escalier à double évolution. L ’Ambassade a intégré à l ’ensemble un bâtiment moderne, qui parait-il, ne dépare pas trop les lieux

La rue d ’Ankara prend abruptement fin sur un mur : à notre droite,  une plaque de rue est dédiée à Marcel Proust  qui également fréquentait  Passy.

La rue Ankara, d ’abord connue sous le nom de Rue de Seine, puis rue du Roc devint Rue Berton ; elle suivait sa course en contournant l ’Hôtel de Lamballe.


Nous y voici, rue Berton : étroite, pavée, bordée de deux murs de rocaille, rappel d ’une époque révolue


Chemin des écoliers, elle suit parallèlement la rue de Boulainvilliers, toute en sinuosités.

A mi-distance, une porte cochère  discrète pourrait rester anonyme si une plaque ne mentionnait pas la présence de Balzac.

L’emplacement de la borne qui limitait l ’accès aux Seigneurs de Passy et d ’Auteuil est sujet à caution

Auteuil se terminant en réalité à l ’angle de la rue Lafontaine et de la rue de Boulainvilliers, soit sur la place actuellement occupée par la Maison de la Radio, on pense que cette borne a été placée en cet endroit de façon un peu hâtive


La rue Berton  va finir à quelques mètres de ces deux résidences entièrement recouvertes de lierre pour se fondre dans l ’avenue de Lamballe, à deux pas de la Maison de la Radio.

 

 

 

 

 

Le mur de soutènement de la rue de Boulainvilliers, bordé de becs de gaz, commodément agrémenté d ’un escalier qui nous y élève directement, est saisissant dans  son évidence

 

 

En 1976, l ’explosion d ’une conduite de gaz provoquée, selon toute vraisemblance par un affaissement de la carrière sur laquelle le quartier est bâti, a endeuillé la rue Raynouard.

Le lieu précis de l ’éboulement est resté indéterminé : on chuchote qu ’un tunnel comprenant des abris (utilisées dans des périodes troubles, lors des alertes de 1914-18 notamment) aurait été creusé dans les jardins de la Princesse de Lamballe pour capter des eaux de sources.

Cette entrée qui fait maintenant partie de l ’Ambassade de Turquie est aujourd ’hui invisible


 

 

 

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