Rue de Menilmontant sous les solstices

Nous étions « là-haut » rue Saint Fargeau, a proximité immédiate de la rébarbative enceinte qui délimite le    « Réservoir ».

Les quatre murs de l ’imprenable citadelle retiennent, sur le point le plus eleve de Paris, les eaux de la Dhuys,    acheminées depuis un village de l ’Aisne jusqu ’aux portes de Paris, par le canal de l ’Ourcq. C ’est sous Napoléon III que l ’ingénieur Belgrand fut charge de l ’ouvrage, l ’un des cinq réservoirs qui    devaient alimenter la capitale en eau… Il n ’est pas difficile d ’imaginer l ’eau captive dominant Belleville et Menilmontant : les noms des rues alentour évoqueraient son parcours originel, bien    avant que les travaux n ’en tempèrent les élans vitaux ; de cascades en rigoles, faisait-elle parfois halte sur les coteaux en prenant la forme d ’une simple mare… pour reprendre souffle et    continuer sa course.

Ce soir, nous descendons de la montagne, mais plus a cheval…

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Depuis la rue Saint Fargeau ou autrefois, un moulin a vent signalait son faite, la rue de Menilmontant qui  amorce    sa descente sur des chapeaux de roues interrompt la longue longue rue des Pyrenees avant de terminer sa chute plus loin,  bien plus bas.

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Sous le solstice de mars, la rue se couvre d ’un hale cuivre. La ou Jean Jacques Rousseau. se    plaisait a respirer l ’air vivifiant de la campagne tout en contemplant Paris,  la rue de Menilmontant qui a perdu depuis, sa double bordure d ’arbres, se précipite a la rencontre de la    rue d ’Oberkampf, incontournable rendez-vous  des noctambules.

 

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L ’or en fusion  s ’adoucit  en se mêlant aux nuances bleutées qu ’apporte la soirée, et   bientôt  la    nuit s ’illuminera de lucioles multicolores. Pour l ’instant,  les braises incandescentes des voitures qui    descendent de la colline, et viennent s ’égrener les unes derrière les autres, évoquent une chenille.

 

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Les voies désaffectées de la petite ceinture  rappels discrèts mais toujours vivants de l ’ancien chemin de fer,    force vive des villages  de la « Petite Ceinture », limitrophes de Paris, au temps ou  Belleville et Menilmontant étaient respectivement desservis par une gare, s ’enfouissent    dans les herbes folles.

 

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