Square Lamartine – puits artésien

 

 

 27/11/2010

 

 Là où Victor Hugo  rencontre Lamartine, se trouve un espace privilégié qui nous invite à apprécier « l ’heure fugitive »  

 

 

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 Après s ’être assuré de refermer  derrière soi une petite porte à taille d ’ enfant, On pénètre dans un sanctuaire, abrité sous une voute de tilleuls 

Fraîchement arrachée à ma campagne natale, à  ses espaces illimités,  je jugeais ces aires de jeux qu ’on appelle « squares », ceinturées de grilles,  équipées d ’un unique tas de sable où faisaient mine de s ’ébattre des enfants harnachés de robes à smocks ou de culottes de velours-vestes bleu marine…policées à en mourir d ’ennui, et m ’y  trouvais aussi déboussolée qu ’un  oiseau en cage.

 

 Dépourvu de  possibilité aucune de cachettes subtiles, sans pelouses à dévaler, le square Lamartine  me paraissait un peu mesquin, mais je n ’osais  avouer mon mépris : je n ’avais que huit ans. J ’apprenais « la Ville » où un coin de verdure est accueilli et partagé avec bienveillance, pour le plaisir et le repos de tous..

 

 

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Plus tard,  ce petit square a commencé à  revêtir à mes yeux certaines qualités ludiques, alors qu ’à défaut de lac, c ’est autour d ’une fontaine que je retrouvais  mes camarades de classe.

 

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Juchés sur des patins à roulettes, nous entreprenions  de dévaler en boucle les contours du square, en suivant la faible inclinaison des trottoirs  qui l ’entouraient . D ’un côté nous nous élancions en laissant libre cours à notre vitalité,  tempérée de l ’autre par l ’amorce d ’une descente : j ’avais dix ans.

 

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Adolescente, mes parents me donnaient pour tâche de remplir des bouteilles d ’eau au puits artésien, une eau précieuse, dont les propriétés ferrugineuses sont colportées de bouche à oreilles, au fil des générations.

  

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Je me penchais au-dessus des grandes étoiles dorées…en formant des voeux que je gardais secrets.


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Devenue mère, j ’y ai emmené mes enfants qui a leur tour se sont construits des mondes, à l ’ombre des tilleuls, sous le regard du poète 

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« O temps, suspends ton vol ! et vous, heures propices,
Suspendez votre cours !
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours !
  

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