Studio 28

 

 

 

11/01/2010

Nous avons rendez-vous au n°10 de la rue Tholozé à Montmartre

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L ’étroite rue Tholozé  se dresse en direction du moulin de la Galette, dans le prolongement de(la première partie de) la rue Lepic. Elle est bordée d ’immeubles familiaux dont les rez-de-chaussée sont occupés par de « petites boutiques de village »  (« l ’Hôtel des Arts », un salon de coiffure…). Les soir d ’hiver, la chaussée toujours pavée se couvre de givre, rendant la circulation sinon acrobatique, du moins difficile. Pourtant, les aléas morphologiques de cette voie conviviale, ne sont pas de taille à décourager la perspective de rencontres.

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Une enseigne au néon vieillotte indique l ’entrée d ’ un cinéma de quartier…

Le studio 28, (inauguré en 1928) par Jean Placide Mauclaire était destiné en son temps à la découverte de talents d ’un art cinématographique encore naissant. Mais aujourd ’hui, ce premier cinéma d ’art et essai (qui fut la première salle à offrir des cartes d ’abonnement) n ’est  en aucun cas  le rendez vous exclusif de quelque cercle d ’initiés.

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Dès l ’entrée, nous suivons les pas de Cocteau, Jean Marais, Bunuel.


Bunuel, dont la projection de son film « L ’âge d ’Or » suscita un tel scandale que le directeur de la salle dut céder.

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Quelques traces de passages signifiants : discrets, mais extrêment présents

 

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Des souvenirs que n ’obscurcissent  ni les modes, ni les années, une pensée émue, un sourire

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 Le Stuido 28 n ’a pas renoncé à sa vocation initiale, celle de remplir le rôle d ’un centre culturel : cinéastes, peintres, écrivains s ’y rencontrent toujours.

 

Edouard Gross,  qui succéda à Mauclaire,  fit connaître les grandes comédies américaines de Capra et des Marx Brothers qui assurèrent le réputation de la salle, un succès confirmé par la qualité de la programmation des Frères Roulleau  à l ’aube des années cinquante

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Aujourd ’hui, les habitants du quartier se retrouvent tout simplement dans le hall d ’entrée de leur cinéma de quartier, et les échanges se font spontanément. Au bar des convives anonymes ou célèbres s ’accoudent librement. Les oeuvres projetées sont souvent récentes. Une fois par semaine nous avons droit à la présentation d ’un film  en avant première, et en présence de l ’auteur …

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La salle de projection modernisée en 1993 (grand écran et son dolby stéréo) est douce et pimpante. le rideau rouge garde ses lettres de noblesse. Le décor en lui-même  est déjà un spectacle

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Nous nous trouvons dans une univers très particulier peuplé d ’appliques imaginées par Jean Cocteau. Ne sont-elles que des objets inanimés ? On se prend à en douter.

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Feuillage d ’or, tiges végétales tendrement  enchevêtrées, chapeaux pointus filtrant des étoiles, l ’Esprit enchanteur qui habitait la demeure de « la Bête » est bel et bien ici présent..

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Après la séance, on peut échanger ses impressions au bar où sont alignés les portraits de tous ceux qui nous ont fait vibrer. Par beau temps, un service de restauration est offert sur une terrasse donnant sur un jardin.

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Ce soir, la terrasse est fermée. je me contente de goûter un thé que j ’avale par petites gorgées, tout en jetant un coup d ’oeil sur les reliefs  des derniers festivals de Cannes

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Nous retrouvons en douceur la rue des Abbesses parée d ’un ruban d ’étoiles à l ’occasion des fêtes. L ’enchantement ne nous quitte pas aussi facilement…

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