Un certain square Adolphe Max -04/12/2009

Partis du n°1 place Blanche, nous avons suivi une rue voisine de la rue Blanche qui nous laissait entrevoir une touche  de verdure.

Promesse tenue. Nous débouchons sur la place d ’un village : épicerie,


spécialités savoyardes au coin de la rue : restaurant fermé, nous sommes lundi.

Bar des habitués.  La rue se laisse aller à une douce déclivité, avant de se stabiliser à l ’horizontale, et se relève doucement.


Elle enveloppe un square central qui la baigne de ses feuillages à la belle saison.


Et au milieu du square, Berlioz veille sur les jeux enfantins. Il écoute la musique de leurs rires et connaît leurs rêves.


Adolphe Marx (1869-1939) est né à Bruxelles où il a exercé les fonctions de bourgmestre. Lors de la première guerre mondiale, il refuse d ’exercer ses fonctions sous la tutelle de l ’Allemagne et est emmené en captivité à Goslar en Basse Saxe
(cette ville fondée au X siècle attira les seigneurs germaniques et a été classée en 1992 Patrimoine mondial).
Evadé, il est élu député, et lutte en faveur du suffrage universel et du droit de vote pour les femmes. Il  fait construire le Palais des Beaux-Arts à Bruxelles et organise l ’Exposition Universelle de 1935 sur le plateau du Heysel, où se tiennent toujours expositions et foires internationales.
Paris a tenu à lui rendre hommage en lui dédiant cette place, à proximité immédiate de la rue de Bruxelles

Au n° 9, quelques marches permettent d ’atteindre une petite porte discrète que mon père, étudiant ingénieur, franchissait chaque jour pour rejoindre une petite chambre avec vue sur coure. Il était abrité par une « très vieille dame« .


Marié et jeune père de famille il était revenu présenter sa famille à sa chère « vieille dame de Babar ». Madame L. était souffrante et toute frêle. Elle détestait le bruit, exigeait qu ’on chausse les pantoufles dès le seuil de sa porte, mais nous avait accueillis avec une tendre sollicitude. Son divan était habité de poupées de porcelaine et de chiffon. L ’une d ’elle au regard myosotis portait le nom mystérieux de « Pas-touche ». Nous n ’aurions jamais pensé enfreindre cette affectueuse consigne.

En bas de l ’immeuble, le portail voisin laisse entrevoir d ’élégantes propriétés entourées d ’arbres. La discrétion est de mise.

A quelques mètres de là, une porte cochère aux cuivres rutilants ne sourit que d ’un oeil, au pied d ’un immeuble en porte à faux, qui suit péniblement la faible dénivellation de la rue.

Planté à l ’un des coins de la place, un immeuble construit à la fin du XIX porte sans doute depuis 1946, gravé en lettres d ’or, le logo Gaz de France. Le temps semble
s ’ être arrêté.

En face, loggias ornées de guirlandes et  vastes verrières arquées clament un optimisme lié à cette époque de progrès et d ’expansion.


Guirlandes fleuries,

Générosité des courbures, douceur des arrondis,


Foi en l ’avenir, honneur à l ’ingéniosité, confiance dans le progrès


Cette rue, l ’une des quatre disposées aux points cardinaux  de la Place Adolphe Max nous précipite devant le complexe cinématographique Ciné PathéClichy. Nous retrouvons le boulevard de Clichy à son embouchure ; il vient de prendre naissance au carrefour, appelé Place de Clichy où se rencontrent les 8è, 9è, 17è et 18è arrondissements, cet endroit névralgique de rencontres et d ’affrontements historiques où un monument circulaire a été érigé à la mémoire du maréchal Moncey.  La boucle est bouclée…

Clichy : de jour et de nuit


Le monde n ’est  décidément pas si grand qu ’on pourrait le croire. La rue  située à l ’angle opposé de la Place Adolphe Max nous ramène Place Blanche, directement au pied de la rue Lepic.

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