Willette au secours de Saint Pierre de Montmartre

 

 

16/04/2010

A l ’origine,  là où il y a très longtemps un temple dédié à Mars… ou à Mercure dominait les hauteurs d ’une contrée,  était un hameau, constitué d ’une chapelle entourée d ’un cimetière

 

 

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Ravagé en 855 par les Normands, l ’oratoire dédié à ma Vierge et légendairement attribué à Saint Denis  est reconstruit en 944.

 

Les moines de Saint Martin des Champs en sont propriétaires. Ils possèdent également « le  Martyrium » situé plus bas sur la butte. En 1133, ils cèdent  la totalité de leur domaine à Louis VI le Gros.

 

 L ’église de « l ’abbaye d ’en haut » est dans un triste état d ’abandon …

 

 

 

 

 

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  La reine Adèle (dite Adelaïde) de Savoie, femme de Louis VI, entreprend alors de faire construire sur ses ruines une abbaye qu ’elle confie aux  Bénédictines de Saint Pierre des Dames (des moniales de l ’Abbaye de Saint-Pierre de Reims).  

 

Les bas côtés ouest de l ’église  abritent toujours la sépulture de la fondatrice d ’un domaine monacale, en son temps, l ’un des plus riches et des plus importants du royaume.

 

 

 

 

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  Les bâtiments entourés de jardins et de vignobles qui constituent « l ’abbaye d ’enhaut « occupent  à eux seuls13 hectares.

 

 

Un cimetière aurait été construit dès le 9ème siècle à plusieurs centaines de mètres en contrebas,  à l’emplacement  du « Martyrium » ; ce  « champ des morts » contient les nombreuses dépouilles qu ’on attribue aux premiers chrétiens suppliciés. Le cimetière comprend également une crypte à laquelle on accède en empruntant plusieurs escaliers successifs en plus ou moins bon état qui mènent, dit-on à un temple romain dédié à Mercure. La crypte est restaurée en 1134 sous la direction de Marie de Beauvilliers et une chapelle est ensuite édifiée  à cet emplacement , le Sanctum Martyrium.

 

 

Inscription gravée sur le mur de la façade du n° 9, rue Yvonne le Tac, directrice de l ’école communale  adjacente

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Yvonne le Tac, une résistante déportée…

 

 

Aux XIV et XV siècles, pendant la Guerre de Cent Ans, Les Dames Abbesses sont aux prises à des difficultés (principalement financières) . En 1559 un incendie détruit une grande partie de ses bâtiments Pour survivre, l ’abbaye se voit dans l ’obligation de vendre des terrains en bas de la Butte.

 

Elles consentent  à ne céder leurs terrains que sur la promesse qu ’ils resteront affectés à des activités agricoles. Ainsi commence l ’installation des premiers habitants du village de Montmartre, ce sont des laboureurs et des vignerons.

 

Les Dames de Montmartre encouragent l ’augmentation des plans de vignes… et celle des moulins.

 

 

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  L ’abbaye continue à vivre et à prospérer, grâce à l ’important centre de pèlerinage autour du Martyrium de Saint Denis(lieu où il est mort) très fréquenté pendant tout le Moyen-Âge.

 

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Aprés 1610 l ’Abbesse Marie de Beauvilliers fait construire de nouveaux bâtiments dans l ’Abbaye d ’en bas à mi-coteau.

 

 

 Les deux abbayes sont reliées par un mur couvert de quatre-cents mètres (détruit en 1900).

 

Lorsque en 1686 les dames délaissent l ’abbaye d ’en haut  (délabré, l ’entretien étant devenu trop onéreux) pour s ’installer dans l ’abbaye d ’en bas construite aux côtés du Martyrium,   elles empruntent  les pierres du haut haut pour consolider leur seconde abbaye  : les  bâtiments de l ’ancien prieuré sont  démolis, à l ’exception de l ’église  laissée aux paroissiens . Les religieuses décident néanmoins de faire don à leurs fidèles d ’un coin de verger et de l’emplacement de leur ancien cloître afin qu ’un cimetière pouvant accueillir les sépultures des plus défavorisés y soit installé.

 

 

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 L ’église avait été conçue pour répondre à une double vocation conventuelle et paroissiale :

 

Elle était séparée en deux par un mur : le choeur, le transept, et la dernière travée étaient réservés aux Dames abbesses et la partie ouest, constituait l’église paroissiale. C ’est cette vocation paroissiale qui à la faveur de la Révolution, vaut aux habitants de Montmartre le privilège de conserver leur église, alors que le prieuré du bas est entièrement détruit et le domaine monacal démantelé.

 

 

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(image volée sur l ’Internaute)

 

 

 

 Au lendemain des événements, l ’église Saint-Pierre de Montmartre se voit transformée en « Temple de la raison » et son clocher est surmonté d ’une tour sur laquelle Chappe installe son télégraphe. L ’installation reste en service jusqu ’à ce qu ’un incendie ravage la tour. Ses ruines subsistent jusqu ’à la seconde moitié du XIX époque à laquelle le clocher est reconstruit, tandis qu ’une nouvelle façade fin XVIII a remplacé la façade originelle de 1135

 

 

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En 1814, l’église est réquisitionnée par les troupes russes et sert d’atelier de confection et de dépôt de munitions.

 

Tant et si bien que de nouveau, son état se trouve sérieusement délabré… Menacée de destruction, la vieille église est sauvée in extremis par l ’humoriste Willette qui en 1899 propose aux socialistes de « jouer un bon tour au Sacré Coeur »  …

 

 Saint Pierre est menacée par l ’envahissante proximité de la Basilique, il faut « protéger les faibles ».

 

L ’église est sauvée, cette fois encore, et restaurée dans les premières années du XX siècle par l ’architecte Louis Sauvageot  qui tente de restituer l ’esprit d ’origine 

 

Un matin au cours des travaux de restauration, l ’abbé Patureau officie une messe dans ce lieu qui n ’est pas encore consacré. Il risque l ’excommunication, mais l ’Eglise lui accorde son pardon et le nomme immédiatement premier curé de l ’église

 

 

 

 

 

 

 

 

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